Mes lignes de démarcation de Suzanne Citron

Croyances, utopies, engagements

Mes lignes de démarcation

Le mercredi 5 mai 2004 par Mimi

Ce livre est à la fois interessant et exaspérant : Interessant parce qu’il est une réflexion sur l’Histoire telle qu’elle est enseignée dans les écoles et ce qu’elle véhicule d’idéologie.

Née dans les années qui précédent la deuxième guerre mondiale dans un milieu de juifs bourgeois aisés, l’auteur épouse jusqu’à la venue de la guerre un certain nombre des croyances inhérentes à son milieu : Pariotisme, Guerre de 14 sanctifiée, idéalisation de la république jacobine, la France pays des droits de l’homme, la colonisation vue comme une oeuvre civilisatrice, etc.

Toutes ces croyances vont tomber peu à peu au cours du siècle à la lumière des évènements, en même temps que se forge sa réflexion personelle.

Exaspérante parce que ce que Suzanne Citron nous raconte de son parcours intellectuel à travers l’histoire du siècle, est aussi une longue suite d’aveuglements, sans parler du mysticisme qui me paraît sous-tendre tout cela, à moins qu’il n’en constitue une explication ou une partie d’explication. En effet, à partir de la guerre, elle va d’illusions en illusions qu’elle croit tour à tour porteuses de grands changements. Convertie à la foi chrétienne pendant la guerre, la libération puis mai 68 lui semblent des périodes où tous les espoirs sont permis. Puis viendront la foi dans le communisme ; l’adhésion au parti socialiste et enfin une croyance aveugle dans le maoîsme. Si bien que paradoxalement quoiqu’on ait affaire à un esprit formé à penser, on a en même temps l’impression d’un manque d’esprit critique ahurissant.

En résumé un livre qui laisse rêveur sur ce qu’on appelle les intellectuels, mais aussi un témoignage d’une grande intégrité morale.

Votre avis sur ce livre

Note : (10 votes)


  • > Mes lignes de démarcation  6 mai 2004, par bastet
    Il y a un autre livre réellement intéressant concernant les intellectuels, écrit par un ancien journaliste du journal UK de gauche, New Statesman, Paul Johnson. Le livre s’intitue "Intellectuals " et est un portrait plutôt acerbe sur les "penseurs". Si on se contente de lire le livre au premier degré, on a l’impression d’avoir une série de ragots à se mettre sous la dent, mais pourtant le livre est bien plus que cela, c’est un exposé sans concession sur des personnages illustres ou non qui n’ont pas toujours l’intégrité qu’ils prônent dans leurs écrits. Réellement à lire, de préférence en anglais pour savourer le cynisme et l’ironie des propos.
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